Guides professionnels 2026

Location de fauteuil de coiffure : guide complet 2026

Fonctionnement, contrat, statut, tarifs et indépendance pour louer un fauteuil de coiffure en France.

8 min · Par l’équipe éditoriale KUUNA · Mis à jour le 1 septembre 2026

Information générale : ce contenu ne remplace pas un conseil juridique, fiscal ou assurantiel adapté à votre situation.

Comment fonctionne la location de fauteuil ?

Le salon met à disposition un fauteuil et, selon la formule, un bac à shampoing, un miroir, des rangements, l’eau et l’électricité, le ménage, une salle d’attente, le Wi-Fi, parfois les serviettes ou certains équipements. Le coiffeur indépendant paie en contrepartie une somme fixe à l’heure, à la journée, à la semaine ou au mois.

Il existe juridiquement une différence importante entre une mise à disposition d’un espace équipé accompagnée de services et une véritable sous-location d’une partie du local commercial. Si l’opération constitue une sous-location, le bailleur du salon doit en principe l’avoir autorisée. Service Public Entreprendre

Le coiffeur doit réellement être indépendant

C’est probablement le point le plus important. Le coiffeur qui loue le fauteuil ne doit pas fonctionner comme un salarié déguisé. Un indépendant organise normalement son activité, choisit sa clientèle, ses prix et ses horaires et supporte lui-même le risque économique de son activité. Si, dans la réalité, le propriétaire du salon impose durablement les horaires, les prix, les clients et les méthodes de travail et exerce un pouvoir de contrôle et de sanction, la relation peut être requalifiée en contrat de travail. Service Public Entreprendre

Concrètement, la situation la plus saine est que chaque professionnel possède son entreprise, son SIRET, sa clientèle, sa caisse ou son système de paiement, ses tarifs et sa comptabilité.

Quel statut avoir ?

La coiffure en salon est une activité artisanale réglementée. Pour exercer en France, il faut disposer de la qualification professionnelle requise, par exemple CAP, BP ou titre reconnu dans la coiffure. Il existe également une possibilité d’accès par l’expérience professionnelle : Service Public prévoit notamment une procédure avec la CMA pour les personnes justifiant de trois années effectives d’expérience en France ou dans l’EEE. Service Public Entreprendre

L’activité indépendante peut notamment être exercée en micro-entreprise, entreprise individuelle ou société. L’immatriculation d'une entreprise individuelle se fait via le guichet des formalités des entreprises et conduit notamment à l’inscription au Registre national des entreprises. Service Public Entreprendre

Pour une micro-entreprise exerçant une prestation de services relevant des BIC, le taux micro-social indiqué pour 2026 est de 21,2 % du chiffre d’affaires encaissé. Le plafond 2026 du régime micro pour les prestations de services est de 83 600 € de CA HT. Service Public Entreprendre

Combien coûte un fauteuil ?

Il n’existe pas de tarif national. Le prix dépend énormément de la ville, de l’emplacement, du standing, des équipements et des services compris.

À titre d’exemples actuels trouvés en ligne, un espace à Marseille affiche environ 10 € l’heure, 30 € la demi-journée et 50 € les 7 heures. À Paris, Maison Koton affiche 17 € HT l’heure, 90 € HT la journée, 350 € HT la semaine et 1 200 € HT le mois. Un autre salon parisien affiche 12 € l’heure, 96 € la journée, 420 € la semaine et 1 800 € le mois. Ce sont des exemples commerciaux, pas des tarifs réglementés. Planity

KUUNA affiche également actuellement à Paris des postes autour de 96 à 156 € la journée et certains autour de 1 600 à 1 860 € par mois, ce qui montre l’importance de l’emplacement et des services inclus. Kuuna

Ce que le contrat devrait prévoir

Je recommande fortement un contrat écrit de location/mise à disposition de fauteuil, même lorsque la réservation semble simple. Il devrait notamment préciser :

- identité, raison sociale, SIRET et coordonnées des deux professionnels ; fauteuil et espaces réellement mis à disposition ; durée, jours et horaires d'accès ; montant de la redevance et indication HT/TTC ; dépôt de garantie éventuel ; eau, électricité, Wi-Fi, ménage, linge et consommables compris ou non ; accès au bac à shampoing et au matériel ; produits fournis ou apportés par le coiffeur ; responsabilité en cas de casse ou de vol ; assurance ; propriété du fichier clients ; système de réservation ; règles concernant l’encaissement ; annulations et rendez-vous non honorés ; nettoyage et hygiène ; stockage des produits ; utilisation de l’enseigne du salon ; clés et alarmes ; durée du contrat, renouvellement, préavis et résiliation ; ainsi qu'une clause rappelant l’indépendance réelle du coiffeur.

Il faut être particulièrement prudent avec les clauses qui imposeraient les prix du coiffeur, l’ensemble de ses horaires, l’obligation de prendre les clients du salon ou une organisation comparable à celle d’un salarié. Service Public Entreprendre

Qui doit encaisser les clients ?

Dans le modèle le plus clair, le coiffeur indépendant encaisse directement ses propres clients et leur remet ses propres justificatifs. Le salon lui facture séparément la location ou la mise à disposition du fauteuil.

Cela permet notamment de montrer que les deux activités sont réellement distinctes. Le chiffre d’affaires du coiffeur correspond alors aux prestations qu’il facture à ses clients ; la location du fauteuil constitue une dépense professionnelle selon son régime comptable.

TVA et facturation

La TVA dépend du statut et des seuils de chaque entreprise. Un micro-entrepreneur bénéficiant de la franchise en base ne facture pas la TVA. Depuis le 1er septembre 2026, la nouvelle référence prévue sur les factures est « TVA non applicable, art. L. 223 et s. du code des impositions sur les biens et services (CIBS) », avec une tolérance jusqu’au 31 décembre 2027 permettant encore l’ancienne référence à l’article 293 B du CGI. Service Public Entreprendre

Il faut donc vérifier si le prix annoncé pour le fauteuil est HT ou TTC, en particulier lorsqu'on compare plusieurs salons.

Assurance

Service Public indique que la responsabilité civile professionnelle n’est pas juridiquement obligatoire pour le coiffeur en salon, mais elle est fortement recommandée. Elle peut notamment intervenir en cas de brûlure, coupure, allergie, vêtement endommagé ou autre dommage causé à un client. Service Public Entreprendre

En pratique, pour une location de fauteuil, je conseillerais de demander à chaque professionnel une attestation RC Pro, même si elle n’est pas légalement obligatoire dans tous les cas.

Obligations vis-à-vis des clients

Un coiffeur doit respecter les règles d’information du consommateur. Dans un salon, les prix doivent notamment être visibles à l’intérieur et depuis l’extérieur ; Service Public indique également les règles particulières relatives au nombre de tarifs à afficher. Une note doit être remise pour une prestation de plus de 25 €, ou si le client la demande. Service Public Entreprendre

Chaque professionnel travaillant avec des consommateurs doit également permettre l’accès à un médiateur de la consommation et communiquer les coordonnées du médiateur compétent à ses clients. economie.gouv.fr

CFE et autres charges

Un micro-entrepreneur est en principe concerné par la cotisation foncière des entreprises (CFE). Aucune CFE n’est due l’année de création. À partir de la deuxième année, elle peut devenir exigible selon la situation de l’entreprise et la commune ; les entreprises dont les recettes ou le CA de référence n’excèdent pas 5 000 € bénéficient de l’exonération de cotisation minimum dans les conditions indiquées par l’administration fiscale. impots.gouv.fr

Il faut donc prévoir, en plus du fauteuil, les cotisations sociales, impôt éventuel, CFE, assurance, produits, petit matériel, logiciel de réservation, terminal bancaire, téléphone, marketing et éventuellement comptabilité.

Pour le propriétaire du salon

Si c’est vous qui possédez ou exploitez le salon et souhaitez louer vos fauteuils, il faut d’abord regarder votre bail commercial. Une véritable sous-location totale ou partielle est normalement interdite sans autorisation du bailleur, sauf disposition contraire du bail. En revanche, Service Public distingue la sous-location d’une mise à disposition de locaux accompagnée de prestations de services, comme l’entretien, l’accueil ou la fourniture d’équipements. La qualification exacte du contrat est donc importante. Service Public Entreprendre

Le contrat doit également être construit de façon à ne pas transformer vos indépendants en faux salariés.

Le modèle économique

Pour le coiffeur indépendant, l’avantage principal est d'éviter un bail commercial complet et de commencer avec beaucoup moins de charges fixes. C'est particulièrement intéressant lorsqu'il dispose déjà d'une clientèle ou travaille seulement quelques jours par semaine.

Pour le salon, l'intérêt est de rentabiliser des fauteuils inutilisés et de partager certaines charges fixes. Le danger est de vouloir fonctionner comme avec des salariés tout en appelant les personnes « indépendants » : c'est précisément ce qu'il faut éviter juridiquement.

Avant de signer, je vérifierais donc en priorité le SIRET, la qualification professionnelle, le contrat, l'assurance, le bail du salon, le prix HT/TTC, les équipements réellement compris, qui possède les clients, qui fixe les tarifs, qui encaisse et les conditions de sortie du contrat.

Si votre projet est en France, je peux aussi vous préparer un modèle complet de contrat de location de fauteuil de coiffure, avec toutes les clauses essentielles, soit du côté propriétaire du salon, soit du côté coiffeur qui loue le fauteuil.

Ce que KUUNA prend en charge

KUUNA centralise les contrats adaptés au parcours, leur signature électronique, les justificatifs des parties et la traçabilité du dossier. Cette organisation formalise l’indépendance des professionnels et réduit le risque de requalification lié à une relation mal documentée.

Comment ce guide a été construit

Ce guide rassemble les critères pratiques utiles aux professionnels de la beauté pour préparer leur décision.